Couple analysant leur assurance emprunteur sur ordinateur dans leur salon
Publié le 18 février 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé en assurance. Les économies réalisables dépendent de votre profil, de votre contrat actuel et des garanties choisies. Consultez un courtier ou comparez plusieurs offres avant toute décision.

Quand Marc m’a appelé l’an dernier, il payait 127 € par mois pour son assurance de prêt. Ça fait 8 ans qu’il rembourse. Personne ne lui avait dit qu’il pouvait changer. Trois semaines plus tard, sa nouvelle cotisation était de 68 €. Soit 708 € d’économies par an. Et son cas n’a rien d’exceptionnel : selon une étude Luko de 2025, l’assurance emprunteur représente en moyenne 30 % du coût total d’un crédit. Autant dire que le potentiel de réduction est énorme.

L’essentiel pour réduire votre assurance en 30 secondes :

  • Depuis la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance à tout moment, sans frais ni justification
  • Économie moyenne constatée : entre 5 000 € et 15 000 € sur la durée du prêt
  • Votre banque a 10 jours ouvrés pour vous répondre (et elle risque gros si elle traîne)
  • Le questionnaire médical est supprimé si votre prêt est inférieur à 200 000 € par assuré

Pourquoi votre assurance emprunteur vous coûte probablement trop cher

Soyons honnêtes : quand vous avez signé votre prêt, l’assurance était le dernier de vos soucis. Le notaire attendait, le vendeur s’impatientait, et la banque vous tendait un contrat groupe « clé en main ». Vous avez signé. C’est normal.

Le problème ? Ces contrats groupe sont rarement compétitifs. Pour comparer les offres du marché, il faut du temps que personne n’a le jour de la signature. La banque le sait très bien. C’est pour ça que les tarifs des contrats groupe restent élevés : ils misent sur votre inertie.

30%

Part de l’assurance dans le coût total de votre crédit

Sur un crédit de 250 000 € sur 20 ans, ça représente plusieurs dizaines de milliers d’euros. J’ai vu des dossiers où l’assurance coûtait plus cher que les intérêts du prêt lui-même. C’est aberrant.

Comparer les taux prend quelques minutes et peut rapporter gros



L’autre facteur ? L’âge. Vous avez souscrit à 32 ans, vous en avez 45 aujourd’hui. Votre prime n’a pas bougé. Normal, me direz-vous ? Sauf que les assureurs externes proposent désormais des tarifs bien plus bas qu’il y a dix ans. Les tarifs de l’assurance emprunteur ont reculé de 27 % en moyenne entre 2020 et 2025. Votre contrat, lui, est resté figé.

Ce que les banques ne vous disent pas : Votre contrat groupe mutualise les risques. Traduction : si vous êtes jeune et en bonne santé, vous payez pour les profils plus risqués. En délégation, vous payez selon votre profil.

Les 4 leviers concrets pour réduire votre cotisation

Franchement, je déconseille de foncer tête baissée sur la première option. Chaque levier a ses avantages et ses limites. Voici ce que j’observe sur le terrain :

Les 4 leviers de réduction : quel effort pour quel gain ?
Levier Effort requis Économie potentielle Profil idéal
Changer d’assureur (délégation) Moyen (2-4 semaines) 30 à 50 % Tous profils, surtout < 50 ans
Renégocier avec sa banque Faible (1 RDV) 5 à 15 % Bon dossier, relation établie
Ajuster les quotités Faible 10 à 25 % Co-emprunteurs aux revenus inégaux
Supprimer garanties optionnelles Faible 5 à 10 % CDI stable, fonctionnaires

Mon avis (qui n’engage que moi) : la délégation de votre assurance de prêt reste le levier le plus puissant. Les autres sont des ajustements. Celui-là, c’est un changement de paradigme.

Avant de vous lancer, une question cruciale : êtes-vous concerné par la suppression du questionnaire médical ?

Suppression du questionnaire médical : êtes-vous concerné ?

  • Votre part de prêt est inférieure à 200 000 € ET l’échéance intervient avant vos 60 ans :
    Vous êtes éligible. Aucun questionnaire de santé requis.
  • Votre part dépasse 200 000 € OU l’échéance tombe après vos 60 ans :
    Questionnaire médical obligatoire. Comparez quand même, les tarifs restent souvent plus bas.
  • Vous avez eu un cancer ou une pathologie grave :
    Vérifiez le droit à l’oubli (5 ans après fin de traitement). Vous pourriez ne rien avoir à déclarer.

Changer d’assurance emprunteur : la méthode qui fonctionne

Un dossier bien préparé évite les allers-retours avec la banque



J’ai accompagné Sophie l’année dernière. Son cas m’a marqué parce qu’elle avait fait une première demande seule. Refusée. Motif : non-équivalence sur la garantie ITT. Elle avait choisi un contrat moins cher, mais les garanties ne collaient pas aux exigences de sa banque. Deuxième tentative avec un contrat ajusté : acceptation en 15 jours. Économie finale : 42 € par mois, soit plus de 500 € par an.

Ce qui a fait la différence ? La méthode. Voici les trois étapes critiques.

Comparer et choisir votre nouveau contrat

Pas n’importe comment. Le critère numéro un ? L’équivalence de garanties. Votre banque a le droit de refuser un contrat dont les garanties sont inférieures à celles exigées dans votre offre de prêt. Elle n’a pas le droit d’exiger mieux.

Récupérez d’abord la fiche standardisée d’information (FSI) de votre contrat actuel. Elle liste les 18 critères CCSF que votre nouveau contrat doit couvrir. Sans ce document, vous comparez dans le vide.

Le TAEA (Taux Annuel Effectif d’Assurance) permet de comparer objectivement. C’est le seul indicateur fiable : il intègre tous les frais. Un TAEA de 0,15 % sera toujours moins cher qu’un TAEA de 0,35 %, quel que soit le mode de calcul de la prime.

Constituer un dossier complet du premier coup

Dans les dossiers que j’ai accompagnés, l’oubli du certificat d’adhésion ou des conditions générales du nouveau contrat rallonge systématiquement le délai de traitement de 3 à 6 semaines. Ce constat est limité à ma pratique, mais je l’observe régulièrement.

Votre dossier de substitution complet


  • Certificat d’adhésion du nouveau contrat (daté et signé)

  • Conditions générales complètes du nouveau contrat

  • Notice d’information détaillant les garanties

  • Lettre de demande de substitution (LRAR ou envoi sécurisé)

  • Tableau d’amortissement à jour de votre prêt

Gérer la réponse de votre banque

Bonne nouvelle pour vous : l’article 5 de la loi n° 2022-270 impose à votre banque de répondre dans un délai de dix jours ouvrés à compter de la réception de votre demande. Pas deux semaines. Pas « dès que possible ». Dix jours ouvrés.

Et si elle dépasse ? En 2025, le CIC Est a été condamné à 196 000 € d’amende pour avoir dépassé ces délais. Le Crédit Agricole Paris Île-de-France a pris 323 518 . La BRED : 298 000 €. Les banques savent désormais qu’elles risquent gros.


  • Demande de devis comparatifs

  • Réception des offres et sélection du contrat

  • Adhésion et envoi de la demande de substitution à la banque

  • Réponse de la banque sur l’équivalence

  • Mise en place effective du nouveau contrat

Si votre banque refuse, elle doit motiver son refus par écrit en citant précisément les garanties non équivalentes. Un simple « refusé » ne suffit pas. Dans ce cas, ajustez le contrat ciblé et renvoyez. La plupart des assureurs externes proposent des options pour coller aux exigences.

Combien pouvez-vous réellement économiser ? Exemples chiffrés

Les promesses marketing parlent de « jusqu’à 50 % d’économie ». C’est possible. Mais pas pour tout le monde.

Cas concret : Sophie, 38 ans, cadre commerciale

J’ai accompagné Sophie sur son dossier de changement d’assurance. Crédit immobilier de 280 000 € souscrit en 2021. Assurance groupe bancaire : 89 €/mois. Après délégation : 47 €/mois. Économie mensuelle : 42 €. Sur les 17 années restantes : plus de 8 500 €.

Selon la députée Patricia Lemoine elle-même, la loi qu’elle porte permet une économie moyenne se situant entre 5 000 et 15 000 euros sur la durée du prêt. Ce n’est pas une promesse marketing. C’est le chiffrage officiel.

Mais attention. Tous les profils ne gagnent pas autant.

Quand le changement ne vaut pas le coup :

  • Crédit presque remboursé (moins de 5 ans restants) : les économies seront marginales
  • Plus de 55 ans avec pathologie déclarée : les surprimes externes peuvent dépasser le contrat groupe
  • Prêt inférieur à 80 000 € : l’écart de cotisation ne justifie pas l’effort administratif

Pour optimiser également votre financement global, consultez notre guide pour votre prêt immobilier.

Vos questions sur le changement d’assurance emprunteur

Ma banque peut-elle vraiment refuser mon nouveau contrat ?

Oui, mais uniquement si les garanties ne sont pas équivalentes à celles exigées dans votre offre de prêt. Elle doit alors vous fournir un refus écrit et motivé, en précisant exactement quelles garanties posent problème. Un refus « générique » n’est pas recevable.

Que se passe-t-il si j’ai eu un problème de santé ?

Si votre prêt est inférieur à 200 000 € par assuré et que l’échéance tombe avant vos 60 ans, aucun questionnaire médical n’est requis. Pour les anciens malades du cancer, le droit à l’oubli s’applique 5 ans après la fin du protocole thérapeutique : vous n’avez rien à déclarer.

Est-ce que je perds mes garanties pendant la transition ?

Non. La résiliation de l’ancien contrat ne prend effet qu’à la date de mise en place du nouveau. Votre banque gère cette bascule via un avenant à votre prêt. Il n’y a pas de période « à découvert ».

Dois-je prévenir ma banque avant de chercher une nouvelle assurance ?

Non. Vous pouvez comparer et même adhérer à un nouveau contrat sans en informer votre banque. Vous ne la contactez qu’au moment d’envoyer votre demande de substitution, dossier complet à l’appui.

Combien de temps prend la procédure complète ?

En moyenne, comptez 3 à 4 semaines entre la demande de devis et la mise en place effective. La banque a 10 jours ouvrés pour répondre. Si votre dossier est complet dès le départ, c’est rarement plus long.

La prochaine étape pour vous

Votre plan d’action cette semaine


  • Récupérez votre fiche standardisée d’information auprès de votre banque (elle est obligatoire)

  • Demandez au moins 3 devis auprès d’assureurs externes (comptez 10 minutes par demande)

  • Comparez les TAEA et vérifiez l’équivalence de garanties avec votre FSI

  • Si l’économie dépasse 20 €/mois : lancez la procédure de substitution

Précisions sur les économies annoncées

  • Les économies de 50 % sont des maximums constatés et dépendent fortement de l’âge, de l’état de santé et du contrat initial souscrit
  • Les délais de traitement varient selon les banques (10 à 30 jours pour acceptation équivalence)
  • La suppression du questionnaire médical ne concerne que les prêts inférieurs à 200 000 € par assuré avec échéance avant 60 ans

En cas de doute, consultez un courtier en assurance emprunteur ou le service client de votre banque.

Rédigé par Matthieu Lecordier, spécialiste en financement immobilier exerçant en cabinet de courtage depuis 2016. Basé à Lyon, il a accompagné plus de 400 emprunteurs dans l'optimisation de leur assurance de prêt, dont plus de 150 changements d'assurance depuis l'entrée en vigueur de la loi Lemoine. Son expertise porte sur la négociation des garanties et l'analyse comparative des contrats d'assurance emprunteur.